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Les Grandes Oreilles

Le journalisme est en pleine mutation mais aussi au cœur d’une crise sans précédent. A l’image du fast-food, qui est devenu populaire par la rapidité du service et la piètre qualité de la nourriture, la presse d’aujourd’hui se veut être du fast-news : de l’information vite faite et vite consommée. Ce mode d’information constitue un danger pour une démocratie digne de ce nom, les sources ne sont plus vérifiées, les médias se copient les uns les autres, le résultat est catastrophique : Affaire d’Outreau, Affaire Baudis, Affaire Clearstream, Affaire Julien Dray, Affaire Bettencourt-Woerth… La liste est longue, avec tout en bout de course une information qui reflète le règlement de compte et, très souvent, des vies humaines détruites à jamais.

Qui dit info-rapide, dit aussi dans ce contexte économique une information réalisée par des stagiaires sur-exploités, payés quelques centaines d’euros par mois, et qui doivent se battre pour garder leur place: Ils savent que « dehors la queue est longue et les candidats ne manquent pas ».

Les responsables sont certains financiers qui ont pris le pouvoir au cœur même de la presse. L’état français, la profession et les syndicats sont responsables pour avoir laissé faire, pour avoir laissé s’instaurer un climat propice au développement de la précarité dans la profession de journaliste en tolérant le payement des collaborations en droits d’auteurs et non pas en salaires.

La presse doit-être exclusivement fabriquée par des journalistes, des reporters et des professionnels de l’information, aujourd’hui ce n’est plus le cas : Les financiers dictent leur loi, de plus il faut s’aligner sur les budgets et surtout sur les autres médias, ce qui donne une information réchauffée et de très mauvais goût.

Les grandes agences de presse (AFP, Reuters, AP) donnent aujourd’hui le ton à l’information, combien de fois avons-nous entendu « ce n’est pas sur l’AFP, votre information ne doit pas être vraie »…

Que dire de cet Internet « tout-à-l’égout » où fleurissent blogs et autres sites dits « d’information » qui ne sont que désinformation, propagande politique et actions extrémistes?

Que dire de ces « journalistes-citoyens » qui s’arrogent la noblesse de notre titre pour « publier » leur propagande sur Internet ?

Que dire de des encyclopédies participatives? Devenues au sein des rédactions (et des écoles de journalisme) les principales sources d’information…

Nous avons créé ce média pour donner du temps à l’information, du temps à l’investigation et faire ce qu’il y a de plus indispensable dans la profession de journaliste et le noble métier de reporter: prendre le temps de faire une pause, réfléchir, analyser et croiser les sources.

Directrice de publication: Frédérique Romano Rédacteur en chef: Jean-Paul Ney